Antilles : Martinique, notre premier contact avec les Caraïbes

March 20, 2012 in Antilles, Aventures par pays

 

Salut les gens
La Martinique est la première île que nous avons foulée de nos tongues après la transat.  Nous avons atterri au Marin (sud de l’île) qui est à la fois une grosse base nautique (la plus grande des Caraïbes paraît-il), un mouillage immense avec 200 bateaux, une marina aussi très grande avec des pontons remplis de bateaux de location (je n’ai jamais vu une telle concentration de catamarans, c’est un showroom puissance 25!), deux supermarchés dont un avec débarcadère pour dinghies, des shipchandlers, un chantier., un grand restaurant surplombant la marina (le mango bay) et aussi un village derrière tout celà… Bref, le rêve de tout plaisancier ayant besoin de ravitailler, acheter des pièces pour son bateau et se faire un petit restau. Ou de se frotter à la civilisation après 16 jours en mer.
J’avais l’impression en arrivant de passer de la plaisance artisanale à celle de la production de masse.
Vous l’aurez compris, il y a beaucoup de tout partout.
Le mouillage est de bonne tenue mais l’eau, peu claire, avec clapot et courant ne donne pas trop envie de se baigner.
Mais surtout, il fait bon. Les températures oscillent entre 25 et 30° malgré un ciel qui reste assez souvent nuageux avec quelques pluies éparses.
A 3 miles à l’Est se trouve le mouillage de Ste Anne que je n’ai pas pris en photo car ce jour là il pleuvait des trombes d’eau! Cependant je vous recommande le restaurant “la case Philippe” près de la plage où on peut déguster des accras, du ragout de porc, des bananes frites, de la fricassée de lambis, du porc colombo….. Plein de bonnes choses servies avec le sourire.
Avant de quitter la Martinique pour deux mois afin de faire un tour au sud dans les Grenadines et Grenade, nous avons exploré trois belles anses sur la côte caribéenne, juste avant d’atteindre la baie de Fort de France.

 

La première est l’Anse d’Arlet.
Lors de la navigation entre Ste Anne et Anse d’Arlet, nous avons longé le fameux diamant, cet immense rocher  inhabité de 175m que vous voyez sur la première photo ci dessous.

 


L’anse d’Arlet est une baie assez vaste, avec une longue plage de sable blanc bordée de cocotiers. Il y a le long de la plage quelques bars, maisons individuelles et un endroit nommé ti’sable qui propose des concerts le samedi soir. Derrière se trouve une mini supérette où trouver du pain, quelques légumes et de la glace (pour le ti’punch, on sait vivre en France).

 

 

L’anse noire est une toute petite baie où 4 ou 5 bateaux max pourront mouiller. La végétation y est très dense, tellement verte qu’on a l’impression qu’elle déteint sur l’eau…. Il y a une petite plage et un débarcadère et basta!

 

L’anse voisine, Dufour, semble aussi dans un style différent assez agréable, mais nous ne nous y sommes pas arrêté.

Et l’ambiance dans tout ça?

Il y a globalement peu de touristes sur les plages en comparaison avec le nombre de bateaux au mouillage!

Cependant, le week end, des plages comme celle de Ste Anne sont prises d’assaut par les locaux. Dès 10h, commence l’installation de tables, chaises, puis attaque du ti’punch avant de passer à table. Et il ne s’agit pas d’un simple pique nique. Non, non, c’est un vrai repas avec des soupières de poulet colombo fumant, BBQ, riz, accras, le tout servi dans de la vraie vaisselle et avec les décibels à fond! Une institution vous dis-je….

 

Transat (8) : debriefing

March 16, 2012 in Aventures par pays, Transat

 

Salut les gens

Ça fait quelques jours que je me dis qu’il faut que je vous livre quelques dernières impressions sur la transat… avant d’attaquer les Caraïbes.
Que voulez vous, les journées caribéennes m’engloutissent sous le poids du barbotage dans le lagon, de l’avalage de ti’punch, de l’observage de la tortue de mer qui vient me dire bonjour le matin… Enfin vous voyez…
Comme je le disais dans un post précédent, j’ai une excuse méga béton (je vais essayer de causer français par la suite) : mes idées sont un peu fouillis.
Du coup j’ai attendu qu’un miracle se produise et que tout devienne aussi limpide que la mer des Caraïbes…
Ce  miracle ne s’est pas complètement réalisé, cependant au fil des jours, j’ai pris du recul mais je commence aussi à passer à autre chose, c’est donc bel et bien le moment d’en finir avec la transat.

Je vais commencer par la conclusion : je suis fière d’avoir effectué une transat, c’était un petit défi personnel que j’ai réussi à mener à bout.
Voilà c’est tout.

Mais non, je rigole, je vais faire 3 phrases de plus.

J’ai toujours pensé que la transat était une expérience que j’avais envie de vivre même si j’avais conscience qu’il pouvait y avoir des difficultés sans vraiment savoir lesquelles précisément.
Alors pour clarifier mes idées, au fil de nos navigations pré-transat, j’ai consciencieusement interrogé tous les navigateurs rencontrés qui en avait effectué une.
J’imaginais qu’un Homme averti (c’est moi l’Homme) en valait bien 2 et que, comme Claudia ou Naomi, je le valais bien.

Les informations que j’ai pu collecter étaient rassurantes car au moins personne ne regrettait. Bien, c’était déjà ça.
Les difficultés éventuelles ne seraient pas techniques : en choisissant la période où les alizés sont bien établis, on hisse les voiles au Cap Vert et on les redescend à l’arrivée (et entre les deux c’est notre ami le pilote automatique avec son copain le GPS qui gère le cap). Enfin je caricature légèrement car dans la réalité, naviguer en vent arrière pour nous les cata, ça veut quand même dire instabilité des voiles, donc petite surveillance quand même. Sans compter qu’il faut vraiment “veiller au grain”…. Anticiper les orages quoi! (ça nos copains pilote auto et GPS savent pas faire tous seuls les nuls…)
Note pour les terriens blonds  : on anticipe les orages non parce qu’il va pleuvoir et que ça va ruiner le brushing mais parce que le vent va monter et qu’il faut réduire la voilure avant que ça arrive….

Et puis il y avait cette longue houle d’atlantique qui rend les navigations tellement plus agréables qu’en Méditerranée… La houle courte et croisée, c’était donc fini, youpi!

Les difficultés éventuelles seraient donc liées au temps, à la longueur des journées et des nuits, au face à face avec soi même (et le capitaine mais il est tellement formidable que ça ne m’a jamais inquiétée) dans un endroit contigu pendant au moins deux semaines… Parce que si vous y regardez de plus près, il n’y a pas beaucoup de moments dans la vie où on va être seul pendant des journées entières sans pouvoir s’échapper pour aller papoter avec le voisin… Un genre de mode “off” des relations sociales… ou une retraite silencieuse…

Bref, pour en avoir le coeur net, il fallait expérimenter la chose. Aucun des compte rendus des copains “transatlantistes” ou des projections que je pourrais faire ne refléterait “ma” réalité.

Alors ce 10 février, nous sommes partis du Cap Vert vers la Martinique. Banzaï!

La routine journalière s’est installée dès le premier jour car comme nous avions effectué presque une demi transat des Canaries vers le Cap Vert, nous avions déjà nos habitudes.
Pour rendre les choses un peu concrètes, voici l’”ossature” commune de nos journées :
- de 23h à 5h, je veille pendant que Xavier dort
- de 5h à 11h, Xavier veille tandis de je dors
- vers 11h,  je me lève, Xavier part parfois se recoucher
- à midi, nous faisons un point journalier : milles parcourus, météo, état de la mer. Nous relevions aussi les SMS arrivant sur le téléphone satellite, notre lien avec la terre. C’était à chaque fois un moment très agréable, merci pour ces SMS chargés d’humour! Tous les 3 jours nous prenions une météo et regardions les commentaires du blog que nous recevions par mail, encore une fenêtre ouverte vers nos amis terriens, merci à tous ceux qui ont laissé ces petits mots sur le blog.
- vers 13h, nous déjeunions.
- Vers 14h, je repartais me coucher.
- Vers 16h, nous flânions à papoter, regarder les nuages, la mer, un film. On écrivait pour le blog…. Mais 14 jours sur 16 les conditions de mer étaient si mauvaises que la seule activité envisageable était de rester assis ou allongé à espérer que ça se calme un peu
- Vers 20h, nous dînions devant une série TV ou un film.
- et à 23h, dodo pour le capitaine…… et bis repetitat placent.

Pour animer certaines journées, il y a eu la pêche! C’était à chaque fois un grand moment d’excitation! Le premier qui repérait qu’un poisson avait mordu hurlait la bonne nouvelle. Puis le branle-bas de combat commençait : Xavier préparait baudrier, couteau, crochet, bout pour attacher le monstre, de mon côté je m’armais de mon appareil photo pour immortaliser le moment, le tout en étant secoués comme des pruniers!

L’activité envisageable par les mauvaises conditions de mer était l’observation et surtout rien qui ne nécessite de la concentration. La mer, les oiseaux, les dauphins, les nuages, le ciel, les étoiles, les formes et les couleurs qui changent…. ou un film et minimiser le temps passé debout à lutter pour…. rester debout.

Si je devais faire un parallèle, les choses ont évoluées au fil du temps dans ma tête comme pendant un entraînement sportif, ou une course à pied par exemple…
Avant vous êtes excités, puis vous vous sentez bien pendant la moitié de l’effort, puis à mi parcours la fatigue et la lassitude arrivent, vous passez quelques moment difficiles à revenir dans la course, puis, approchant de la fin vous êtes portés et retrouvez votre énergie. Et au final, vous êtes heureux de franchir la ligne d’arrivée. Et d’arrêter de courir.

Il est également un autre voyage, un peu plus intérieur. Celui effectué pendant les quarts de garde, quand vous êtes seul. Le secouage intensif nous empêchait souvent tout effort intellectuel. Même lire devenait pénible. Alors la dernière activité devenait de laisser courir le flots de ses pensées, de laisser revenir à soi certains souvenirs passés comme ma fierté de petite fille à son premier cours de danse dans son justaucorps bleu canard qui allait si bien avec ses collants roses… (la photographie n’était pas encore inventée à cette époque reculée, ne demandez donc pas de photo)
J’ai repensé à des tonnes de choses, quel plaisir de se replonger dans le passé et je dirais presque quelle envie de tout recommencer si un bon génie me le proposait…
Je vais profiter de cet étalage de sentiments pour dire aussi à quel point avoir quelqu’un pour partager sa vie est quelque chose de rare et formidable, je suis chanceuse d’avoir trouvé mon compagnon de vie depuis 15 ans…

Bon allez, on conclut…
Notre perception de la transat a été complètement influencée par les conditions musclées imposées par les éléments. Nous avons eu du mal à l’apprécier pleinement tellement cela a été fatigant d’être secoués comme des pruniers 14 jours sur 16. Alors quand on a vu la terre qu’on a quand même bien attendue, on a été remplis de joie. Lorsque Namasté a été ancré dans la baie du Marin, malgré la fatigue nous nous sommes précipités à terre, tellement heureux de la retrouver. Bon, pour la petite histoire en débarquant j’ai eu le mal de terre, tout tanguait tellement que sitôt notre repas au restaurant terminé, je suis repartie fissa à bord pour arrêter ce mal de terre (qui est passé le lendemain).
En discutant avec d’autres plaisanciers ayant traversé à la même période que nous, le constat a été le même que nous.
Ca ne m’a pas donné envie de recommencer, même si je reste prête à retraverser une mer ou un océan pour la suite du voyage afin d’emmener le bateau à destination…. Et Xavier est dans le même état d’esprit que moi…
Allez c’est fini, j’ai essayé de vous livrer les choses le plus concrètement et le plus sincèrement possible et j’espère que ce petit compte rendu éclairera un peu les interrogations que chacun peut avoir sur ce type de voyage…

Grain de sel

March 13, 2012 in Aventures par pays

Bonjour la terre,

Aujourd’hui je vais faire court et  vous envoyer sur un forum littéraire et culturel, celui de “Graindesel”, où j’ai eu le plaisir de répondre aux questions de Toussaint, alias Bill sur ce forum.

Ça se passe à, l’adresse suivante : http://grain-de-sel.cultureforum.net/t10072-interviews-du-coin-des-voyageurs-les-pirates-du-namaste

Un grand merci à Toussaint de m’avoir accueilli sur ce forum.

A bientôt

Tiens au fait, on est à Ste Lucie, c’est juste pour dire….

Des nouvelles des Caraïbes….

March 9, 2012 in Antilles, Aventures par pays, La laïfe à bord

Bonjour les gens qui vivent sur la terre ou ailleurs,

Je n’ai pas été mangée par une tortue, je ne suis pas non plus noyée dans le ti’punch..
Non, je suis toujours dans les Caraïbes, à apprécier la douceur du climat…
Par contre, comme nous avons atterri au Marin qui est une des plus grosses bases nautiques des Caraïbes, devinez ce qu’on fait? Allez, un petit effort….
On court les shipchandler et autres artisans voilier, moteur, électronique ou autre…. Il n’est pas un employé de shipchandler ou un artisan du Marin qui ne nous connaisse par nos petits noms… Je sais même ou les techniciens font leur sieste le midi afin de pouvoir aller les déranger si jamais ils m’ont posé un lapin le matin….
Il n’y a rien de grave à bord, juste quelques pièces à changer, voiles à réparer, travaux à organiser…. Les navigateurs comprendront aisément qu’un bateau a toujours une pièce à changer ou à réparer….
Alors on court (ouais mais pas trop vite, fait chaud), on prend des RDV, on achète des pièces, on se rend compte que ce ne sont pas les bonnes, on ramène les pièces, on en recommande d’autres… Bref, depuis 10 jours qu’on est là on en a consacré 7 à Namasté…
Qu’a-t-on fait des 3 autres?
Nous avons avitaillé. En d’autres termes je me suis jetée sur le premier camembert venu. Je suis française monsieur et j’assume.
Et puis pour glamouriser (oui ce mot existe) la course aux produits frais, je suis allée à la fête à la tomate.
La vérité j’ai hésité à vous faire partager ce moment de ma vie.

J’eus préféré vous dire que j’étais allée à la fête de la papaye verte, il eut été plus exotique à vos yeux. Mais non. Je suis la fille de la foire à la tomates, pas de la fête à la papaye verte.
Et à ce moment du récit, vous mourrez d’envie de savoir ce qu’est cette fameuse fête qui a vu votre reine préférée l’honorer de sa présence.
Il s’agit d’un magasin qui a décidé de vendre ses tomates à un tarif décent et non à prix d’or. C’est tout? Oui, c’est tout. Vous arpentez les rayons, vous achetez vos tomates et vous ressortez avec en plus un gros morceau de comté car votre camembert est déjà fini et que vous êtes française et que vous assumez.
Pendant la foire à la tomate, votre capitaine préféré a lui décidé de s’octroyer une petite pause dans sa course aux shipchandler et d’aller faire un tour au Toys’r us, oups pardon, au magasin de pêche.
Enfin ce n’est pas un magasin de pêche mais The magasin de pêche qui n’a pas eu peur de prendre comme slogan “pour voir la pêche en grand”…

Ça se passe de commentaires, non?
On est tout de même allé se balader sur la côte  Caraïbes, dans les anses d’Arlet et anse noire… Les photos viendront…. quand j’aurai une connexion internet qui fonctionne. Parce que en France on mange bien mais alors l’internet public ce n’est pas encore ça…. C’est le premier pays où les municipalités ne proposent pas de réseau gratuit et où les bars affiche WIFI pour les clients mais ne le branchent que quand ça les arrange…Et je ne parle même pas des tarifs internet via clé 3G, à des tarifs absolument rédhibitoires…
Allez, c’était mon coup de gueule, enfin je crie pas trop fort car ça donne chaud et après ça fatigue….

Bon allez,je file…

Ah non, un dernier mot :  le post sur nos impressions de la transat est en cours, ce n’est pas très simple de coucher tout ça sur papier, pour le moment c’est un vaste fouillis mais promis je vais y mettre de l’ordre!

Et puis non encore un dernier mot : on file sur les Grenadines, rien que le nom m’enchante….

A bientôt les gens!

Transat (7) : the movie

March 2, 2012 in Aventures par pays, Transat

Hello les gens

Je me suis dis, entre deux ti’punch et un plongeon dans le lagon, que le seul moyen d’être une movie star, c’était de faire le movie myself.

Alors voilà qui est fait, un petit condensé de la transat en 4 minutes et quelques…. avec en fond l’hymne de Namasté.

Pour le visionner sur youtube :

- en format iphone (si vous avez un internet lent, mais on ne peut pas lire les commentaires) : http://www.youtube.com/watch?v=6U4t0Uh-p3Y

- ou plus grand format : http://www.youtube.com/watch?v=N72BHxI3kqc

Voilà, je ferai aussi un post avec les photos et les impressions de l’équipage pendant la transat…

A plus tard les gens!

 

 

Transat (6) : 16 jours et 1 heure

February 27, 2012 in Aventures par pays, Transat

Bonjour tout le monde

On a traversé l’atlantique à la voile en 16 jours et 1 heure
(ah je rêvais
de pouvoir l’écrire cette phrase!)….
Nous avons jeté notre ancre ce jour en Martinique, dans la
baie du Marin.

Le choix de la Martinique c’est pour faire une surprise à
une amie
d’enfance, Nathalie, installée ici depuis 9 ans. Nathalie on
t’attend!!!

Le temps de dire ouf et nous étions attablés devant un
carpaccio et une
entrecôte, suivis d’un expresso dans un des restaurants
surplombant la
baie.
Puis toute la pression est retombée et nous avons réalisé
que nous étions
complètement épuisés, donc après midi repos total.

Dès que j’ai trouvé une connexion internet je vous
raconterai les derniers
jours et tout ça et encore d’autres choses.
Pour le moment place au ti’punch mérité!

A très bientôt

Transat (5) 20 000 Lieues sous les mers

February 24, 2012 in Aventures par pays, Transat

Aparté : Suite à une erreur de réglages, je reçois vos
commentaires par
email, ce n’est pas gênant car ça charge assez vite et donc
ne consomme
pas trop de temps sur le forfait! Je ne peux pas les
approuver (c’est pour
cela que certains n’apparaissent pas sur le blog) ni y
répondre (je le
ferai à l’arrivée) mais sachez que ça nous fait un grand
plaisir de
pouvoir vous lire!

22 février :
12h15 UTC, 14°35 Nord 51°21 Ouest, 127 Miles de puis hier,
1537 Miles
depuis Mindelo
conditions météo : 20-30 noeuds de vent Est-NE et grains,
mer merdique
(j’aurais du demander à Emile comment était la mer avant de
partir….
private joke pour Cathy et Emile, cherchez pas).
En fin de matinée, alors que j’étais encore dans les bras de
Morphée à
rêver que Xavier pêchait une côte de boeuf géante, me voilà
réveillée par
les cognements vifs et rapides sur la coque.
Bah dis donc ça cogne plus fort que le vacarme des vagues
contre les
coques qui me rappellent instantanément que la probabilité
pour que Xavier
soit en train de pêcher une vache est nulle.
Je me mets rapidement en mouvement au cas où il y aurait une
vraie
urgence…
Et problème urgent il y avait : mis à part que le ciel était
bas et
menaçant, le capitaine bataillait avec un poisson (et pas
une vache)
depuis une heure.
“C’est un monstre!!!” me hurle-t-il, ayant sûrement mal
évalué la distance
de 2 m qui nous séparaient mes oreilles de sa bouche. “Vite,
prend des
photos il se rapproche de la jupe!”.
J’essaie de rapidement mettre les yeux en face des trous
afin de ne pas
gâcher l’immortalisation de ce moment sous peine de soupe à
la grimace.
Je n’ai pas l’appareil en main depuis 10 secondes que je le
vois dans le
viseur : il est facile à reconnaître, il n’a pas de cornes
et c’est un
espadon, youhou!
La remontée à bord du bestiau ne fut pas aisée car l’espadon
devait bien
faire ses 30 kgs au bas mot (Xavier n’a pas pu le soulever
pour la photo
finale!).
Il a embarqué notre crochet sensé aider à tuer et remonter
le poisson.
Bref, une fois remonté et tué, Xavier m’annonce fièrement
qu’il a aussi
pêché un thazard le matin même…
Ca va nous faire un bel assortiment de sashimis tout ça, et
on va ré-
ouvrir la conserverie Namasté (enfin si la mer se calme car
en ce moment
ce n’est pas possible!).
Tandis que Xavier (est-il besoin de préciser qu’il est
excité comme une
puce?) me narrait a pêche du matin, je m’étonnais qu’il ait
pêché alors
que le ciel était nuageux et bas.
Je lui rappelle notre super étude statistique (voir dernier
post) qui a
conclu qu’on ne pêche pas par mauvais temps…
Bah lui me rétorque que cette étude ne vaut que pour la
coryphène. Il
savait le matin même qu’il pêcherait thon ou espadon ce jour.
Devant mon air dubitatif, Xavier se lance dans des
explications : “tu sais
la dorade c’est un poisson de beau temps, elle est bleue
sous l’eau,
tandis que thon et espadon c’est gris, ça ce camoufle mieux
par temps
gris…enfin tu vois !”
J’avoue ne pas avoir tout suivi sur les costumes camouflage
des poissons
mais bon, c’est pas grave…
De toute façon, comme le dit le cap’ de façon définitive,
“c’est un truc
de pêcheur”.
A bon entendeur…

23 février :
12h15 UTC, 14°38 Nord 53°37 Ouest, 135 Miles depuis hier,
1670 Miles
depuis Mindelo
Conditions météo : 18-23 noeuds Est Nord Est, grand soleil
et mer merdique
(Emile ?)
Youpi tralala!
Qu’est ce qui me réjouit ce jour ?
1. nous allons boucler demain notre deuxième semaine de
navigation
2. nous devrions arriver d’ici 3-4 jours !
Nous commençons a avoir hâte de planter l’ancre, de plonger
dans une eau
turquoise à 26° et prendre un bon petit expresso avec un
croissant.
Enfin non, en arrivant, la première des choses sera d’ouvrir
une bouteille
de champagne.
Ironie du sort, ce champagne nous a été offert par un couple
rencontré à
Gibraltar et dont la particularité était d’avoir hiverné en
Tunisie à la
même place que nous avions laissée vacante lors de notre
départ il y a
deux ans.
C’est un champagne tunisien qui vient de la cave où nous
avions l’habitude
de nous fournir en vin… ça nous rappellera de bons
souvenirs avec nos
copains du ponton 22.

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Transat (4)

February 21, 2012 in Aventures par pays, Transat

18 février : Il pleut sous les tropiques !
12h00 UTC, 15°22 Nord 42°60 Ouest, 130 Miles de puis hier,
1047 Miles
depuis Mindelo
conditions météo : 10-25 noeuds de vent Est Sud-Est, mer
avec houle
croisée Est Sud-Est
Cette nuit la pluie a commencé à tomber à la fin de mon
quart vers 5h.
Et ça a continué et continué….pendant près de 5 heures. Ce
qu’il y a de
positif avec les pluies tropicales, c’est qu’elles ne vous
obligent pas à
vous couvrir de le tête aux pieds : il fait toujours chaud.
Elles ont en
plus bien rincé ce malheurueux Namasté tout poussiéreux
après son séjour
Cap Verdien. Il est à nouveau rutilant comme un sou neuf.
Le vent a quant à lui décidé de jouer à cache cache. Soit il
n’y en a pas
assez (10 noeuds), soit brutalement il y en a trop (25
moeuds). Et pour
rendre le jeu plus amusant, il tourne de 40° dès qu’il
monte, surtout
pendant les grains.
La houle est toujours grosse et croisée, mais dans des
directions
différentes que les jours précédents, ça varie les plaisirs.
Bon elles sont où les supers conditions de navigation en
atlantique, houle
longue, vent constant etc….hein? Où ça?????

19 février : Et après la pluie le beau temps!
12h00 UTC, 15°21Nord 44°49 Ouest, 106 Miles de puis hier,
1153 Miles
depuis Mindelo
conditions météo : 10-15 noeuds de vent Est, mer plus calme
mais toujours
confuse.
Good news : la mer s’est un peu calmée. Vous pouvez
désormais utiliser vos
deux mains pour effectuer une tâche sans avoir besoin d’en
réserver une
pour s’agripper à n’importe quoi afin éviter tout vol plané
lorsqu’on est
en position debout.
Après deux jours de grisaille dont une bonne pluie hier, le
soleil est de
retour, il fait chaud (28°) on va pouvoir attaquer la bronzette.
Ces deux jours de grisaille nous ont permis d’effectuer une
étude
statistique du comportement du poisson par temps de pluie
poussée sur un
échantillon très représentatif : le poisson n’aime pas le
mauvais temps.
Même le leurre Namasté n’arrive pas à le faire rire et
sortir de sa
torpeur, non, il ne mord pas le bougre. Nous en concluons
donc que le
poisson est comme l’humain, quand il pleut il préfère rester
dans sa
maison au fond de l’eau. Il ne faudrait pas que ça dure trop
longtemps
sinon on va devoir revenir aux menus plus basiques de pâtes
et riz, les
légumes se faisant désormais plutôt rares…
Hier nous avons séché au sel les derniers morceaux de dorade
en prenant
soin d’en garder un peu à déguster avec la mayo maison. Puis
on a fait du
pain étant donné que notre réserve achetée au Cap Vert
n’était plus bonne
qu’à finir dans un pudding avec les bananes trop mûres….
Ce jour sera aussi dédié à une séance barbier coiffeur pour
Xavier, exit
les frisettes et la barbe, boule à zéro est de retour!

20 février : Ca sert à quoi de faire une transat en voilier?
12h00 UTC, 15°12 Nord 46°56 Ouest, 123 Miles de puis hier,
1278 Miles
depuis Mindelo
conditions météo : 17-20 noeuds de vent Est, mer plus très
calme et
toujours confuse.

Moi : Ca sert à amener le bateau de l’autre côté de
l’Atlantique.
Xav’ : Et le tout sans avoir le décalage horaire dans les
pattes à
l’arrivée (en 15 jours on a le temps de s’habituer).

D’autres questions?

Transat (3), la transat version 2.0

February 18, 2012 in Aventures par pays, Transat

Suite à l’interruption de nos programmes nous reprenons le
cours de
l’émission “La transat de Namasté”. Veuillez nous excuser
pour la gêne
occasionnée.

13 février : Et on a failli pêcher !
12h00 UTC, 16°33 Nord 32°05 Ouest, 133 miles depuis hier,
410 miles depuis
Mindelo
conditions météo : 15-20 noeuds de vent Est-Nord EST, mer
avec houle
croisée.

Ce midi, le moulinet s’est dévidé, la canne a plié,
l’équipage s’est
excité… et le poisson s’est décroché ! Damned!
Comme on a pas pu emmener de viande (celle qui était vendu
au Cap-Vert
était congelée…Cap-Vert, respect de la chaîne du froid,
coupures
d’électricité… enfin ceux qui ont suivi feront le lien…)
ben… on
compte sur la pêche pour varier nos menus.
En attendant on mange des légumes (enfin ceux qui ne
pourrissent pas trop
vite), oeufs, jambon, pâtes, riz et le thon en boîte pêché
par le
capitaine lors de la descente vers la Cap-Vert.

14 février : Et on a pêché !
12h20 UTC, 16°22 Nord 34°09 Ouest, 120 miles depuis hier,
530 Miles depuis
Mindelo
conditions météo : 20-25 noeuds de vent Est, mer avec houle
croisée.

En ce jour de Saint Valentin, le cap m’a prévu un cadeau !
Je n’étais pas levée depuis 5 minutes qu’il a agité devant
moi une boîte
plastique contenant des filets d’une coryphène pêchée
pendant son quart ce
matin !
La classe ce capitaine…
Coté météo ça n’a pas vraiment changé depuis les premiers
jours… vent
arrière, houle trois quart arrière courte et croisée… bref
c’est très
bruyant et ce n’est pas du confort 5 étoiles !

15 février : On arrête plus de pêcher !
12h18 UTC, 15°49 Nord 36°23 Ouest, 133 miles depuis hier,
662 miles depuis
Mindelo
conditions météo : 17-28 noeuds de vent Est-Nord EST, mer
avec houle
croisée.

Hier nous avons pêché 3 coryphènes de plus que celle du matin.
Donc je résume : 2 de 3 kgs et 2 de 10 kgs soit un total de
26 kgs de
poisson…
Une fois dépecées, il doit bien nous en rester 12 ou 13 kgs…
Donc après un jeûne de 4 jours au pâté et jambon, on va
pouvoir manger !
Sashimi et steak de dorades au menu à la table du capitaine.
Et ce soir, pour varier, nous en feront une partie à la
tahitienne et une
partie au curry.

16 février : On est officiellement un chalut
12h00 UTC, 15°21 Nord 38°38 Ouest, 135 Miles de puis hier,
797 Miles
depuis Mindelo
Météo : toujours et encore pareil que les jours précédents

Hier nous avons encore remonté trois coryphènes, d’une
dizaine de kilos
d’après les organisateurs, que nous avons relâchées étant
donné qu’il en
reste quelques kilos dans le frigo…
Elles sont, en tous cas, ponctuelles : comme avant hier,
elle ont mordu le
matin tôt et en début d’après midi.
Pendant que Xavier s’exerce à remonter les dorades, je
m’exerce à les
prendre en photos.
Il faut dire qu’elles sont photogéniques : bleues sous
l’eau, jaunes dés
qu’elles sortent de l’eau elles deviennent gris bleu au bout
de quelques
minutes. Un peu arc en ciel ces poissons…
Selon leur taille les remonter peut prendre jusqu’à 45
minutes, ça donne
tout loisir pour essayer de les photographier entrain de
faire des sauts
dans l’eau et de batailler avec le pêcheur !
Ca fait de l’animation dans nos journées rythmées par la
lecture, le
visionnage de séries, le point du jour vers 12h00 UTC (où
nous relevons
coordonnées GPS, conditions météo, miles parcourues), la
lecture des SMS
reçus sur le téléphone, les repas et leurs préparation.
Difficile de faire
autre chose compte tenu des conditions de mer, pour les
terriens, imaginez
vous 24 heures sur 24 dans un 4×4 sur une piste défoncée avec
régulièrement un grand dérapage à grande vitesse dans un
dévers non prévu
sur la carte. L’autoroute des alizés doit être en travaux et
ils nous font
prendre les départementales gersoises !

17 février : On a trop pêché, y a plus rien !
12h11 UTC, 15°23 Nord 40°45 Ouest, 120 Miles de puis hier,
918 Miles
depuis Mindelo
conditions météo : 10-15 noeuds de vent Est, mer avec houle
croisée.

On a enfin résolu notre problème de publication sur le blog.
Pas facile de
résoudre un problème avec la terre avec une connexion
internet à 2Ko/s qui
fonctionne quand un satellite daigne passer au dessus de nos
tête. Le tout
avec une durée maximum de 75 minutes de communication qui
doivent aussi
permettre de récupérer la météo tous les 2-3 jours. Sans
compter les 15
minutes utilisées le premier jours pour essayer d’obtenir la
météo avant
de comprendre que si le satellite il est pas là… ben le
téléphone il
communique mais le mail il part pas…tic tac tic tac… le
compteur
tourne mais rien ne se passe… tu commences à te dire que
75 minutes de
communication satellite pour une transat de 15 jours avec 5 à 7
prévisions météo ça va pas le faire !!! Puis tu te souviens
que t’es
malin, comme un vrai marin tu as anticipé les problèmes et
tu as pris le
joker du coup de fil à un ami qui peut t’envoyer une météo
par SMS en cas
de problèmes.
Comme tu es très malin, tu a très bien choisi ton ami qui
t’a proposé de
faire une compilation des meilleurs sites et de t’envoyer la
synthèse.
Service 5 étoiles pour les deux marins d’eau douce perdus au
milieu de
l’Atlantique.
Bon comme on a fini par réaliser qu’on avait acheté, pour
l’Ipad, une
application météo marine qui prévoit accessoirement la
position des
satellites, justement pour optimiser les communications, on
va garder
notre joker pour plus tard éventuellement.

Demain nous aurons effectué la moitié du parcours….
Croisons les doigts
pour que la deuxième partie soit moins fatigante que la
première!
Aujourd’hui il fait gris, pas vu le soleil de la journée!
Mais les températures sont sympas, 25-26°c de jour comme de
nuit, le
bonheur!
Hier encore une pêche de 2 coryphènes le matin, et en fin de
journée
Xavier a bataillé une heure avec un bestiau qui a fini par
se décrocher…
Dommage, ce n’était pas une coryphène (pour une fois) et
donc ça aurait
apporté de la variété à notre assortiment quotidien de sashimis!
Ce jour, comme il fait gris, Xavier a décidé de changer la
couleur des
leurres au bout des lignes de pêche (ne cherchez pas à
comprendre).
Alors que les rouges (dont le leurre Namasté collection
printemps-été
2012) sont les grands gagnants, on a du bleu pour aujourd’hui.
Coté recettes, on a essayé le poisson séché au sel : un
délice dans une
salades de pommes de terre-oignons.
Il suffit de couvrir les filets de poissons de sel, puis 24
heures au
frigo, puis rinçage, puis on les met dans l’huile d’olive et
on déguste.

Stay tuned for our next episode.