Bem Vindo en Cabo Verde!

January 30, 2012 in Aventures par pays, Cap Vert, La laïfe à bord

 

Bom dia les gens

1-2-3 soleil!

Cap Vert touché!

Après 7 jours et 2h de navigation pour avaler les presque 1000 miles séparant le Cap Vert de Lanzarote aux Canaries, nous sommes arrivés à Sal.

Nous avons jeté notre ancre samedi 28 janvier à Palmeira, dans le petit port de “commerce” afin de faire nos papiers d’entrée dans le pays.

Enfin les papiers…. Disons que comme tout était fermé ce week-end, et nos tentatives pour trouver un fonctionnaire de la police maritime ont échouées aujourd’hui. On verra demain… Keep cool, on est sous les tropiques ici.

 

Derniers adieux à Lanzarote

Dernier coup d’oeil sur Lanzarote

Premier coucher de soleil en mer sur les Canaries

Depuis notre arrivée, nous savourons le bonheur de retrouver un sol qui ne bouge pas, le calme des vagues qui ne cognent plus contre les coques ou des bouts et des voiles qui battent…

Calme et sérénité….

Et c’est au moment où j’écris ces mots que le voilier voisin a lancé une musique signifiant aux voisins “je veux écouter Cesaria Evoria au Cap Vert” et que le petit cargo amarré au quai a lancé son générateur. Je suspecte un complot.

Je parlais de quoi déjà? Calme? Sérénité?

Il faut dire que ça avait mal commencé pour votre serviteuse. Avant le départ j’ai pris un médicament anti mal de mer assez puissant (scopolamine). Les effets secondaires étaient décrits comme très désagréables, perte temporaire de la vue, irritation de la gorge, allergies, cauchemars….

Et bien je les ai tous eu. 24 heures de cauchemar dans tous les sens du terme avant que je n’enlève le patch de scopolamine, et presque 24 h avant que je ne recouvre mes facultés, vue, capacité à ingérer des aliments, disparition des cauchemars et des allergies. Je vous avoue que c’est  flippant, plus que le mal de mer… Mais je me devais d’essayer ce remède qui peut faire des miracles pour certains…

Affaire close, je vais rester sur ce qui me convient le mieux pour lutter contre le mal de mer : rien.

Tiens parlons de la nav’. Les vents étaient bien établis, entre 15 et 25 noeuds constants portant (arrière toute!) mais la houle était croisée, 2 mètres et 6 secondes de période dans un sens, clapot dans l’autre, un vrai tambour de machine à laver. Les déplacements dans le bateau étaient réduits au minimum syndical, verres et assiettes ont voltigé dans tous les sens!

Ce fut néanmoins un bon entraînement avant de passer dans le grand bain de la transat puisque les 1000 miles que nous venons d’effectuer constituent presque une demi transat.

Nous avons trouvé notre rythme de croisière pour les quarts : je fais la nuit de 22h à 4h, Xavier prend le relai jusqu’à midi. Nous déjeunons, puis sieste pour le capitaine suivie d’une sieste pour moi, puis petits papotages avant de dîner ensemble puis dodo du cap’ vers 22h.

Ainsi chacun respecte son rythme et a de vraies bonnes périodes de repos.

Cette navigation se prêtait plutôt bien à ce tempo puisque hormis la mer agitée, nous n’avons croisé aucun bateau dès que nous avons été à environ 200 miles des Canaries. Nada, personne. Tous seuls au monde vers le Cap Vert!

 

 

 Les photos de ces levers de soleil sont une courtoisie du capitaine, son mousse étant dans les bras de Morphée à cette heure là.

Enfin quand je dis que nous sommes “tous seuls”…. je devrais dire seuls humains. En réalité des dauphins nous ont accompagné la première nuit avec leurs pirouettes entre les coques. On distinguait leur forme grise reflétant la lumière de la lune.

Et puis le 3 ème jour fut LE jour à marquer d’une pierre blanche, notre 14 juillet, les feux d’artifices en moins.

Nous avons pêché.

J’ai tout d’abord entendu un hurlement : “le leurre Namasté a pêché!”.

Alors comprenez-moi : je venais d’en finir avec mon bad trip du à la scopolamine, je commençais donc à avoir la nausée à cause de cette houle incessante et voilà pas qu’il fallait que je me mette en mouvement rapide pour assister le pêcheur. Qu’avais-je donc fait pour mériter ça? Je suis une personne charmante, polie, je dis bonjour, merci et au-revoir. A croire que ça ne suffit pas. J’ai donc du en accumuler pendant mes vies précédentes….

Nous voilà rapidement avec une bonite de 2kg selon la police, 3 kgs selon les organisateurs sur la jupe. Et un Xavier qui me somme de prendre la bonite avec son leurre Namasté dans le bec (je vous jure que ce n’est un montage).

 

 

Le temps de dire ouf et le fil du moulinet de la canne à pêche se met à dérouler! Xavier, que je croyais au comble de l’excitation, me prouve qu’il a encore de la réserve. Il court de babord à tribord, achève la bonite, ralentit le moulinet pour laisser le poisson se fatiguer, et réussit aussi entre temps à remonter un troisième poisson que nous rejetterons (euh nous avions  2 cannes et 3 lignes…).

Quant à moi, j’essayais de suivre le mouvement en me demandant ce qui me donnait le plus le mal de mer (toujours essayer de focaliser sur un sujet pour oublier le mal) : l’odeur du poisson, le sang sur la jupe, le cap’ qui sautillait de droite à gauche, mes tentatives pour prendre des photos alors que Namasté faisait des bonds dans les vagues, mes plongeons dans les coffres de Namasté pour trouver un coup le couteau, un coup le baudrier….

Comme je suis forte, j’ai non seulement survécu mais voilà que j’en redemande avec une transat!

Une fois la bonite tuée et vidée et le 3ème poisson remonté puis relâché, il fallait s’attaquer à celui qui avait décidé de mordre à la canne à pêche. Vous me suivez?

Après 30 mn de lutte, Xavier a remonté le bestiau : un thon de 20kgs selon la police, 25 kgs selon les organisateurs.

De toute façon, on ne saura pas. Notre balance arrête de compter à 11 kgs. C’est une balance de débutants.

 

 

Quand je vous disais que nous allions transformer Namasté en chalut, j’ai reçu des emails moqueurs. Je crois que les expéditeurs rigolent moins à l’heure qu’il est, hein?

Après encore presque une heure, Xavier a vidé et débité le bestiau en filet pendant que je consultais compulsivement tous mes livres de recettes de poissons.

Et le lendemain, nous avons ouvert une conserverie. Xavier au débitage et remplissage des bocaux et moi à la stérilisation.

 

 

Pendant le reste de la traversée, à nous sashimis et thon sous toutes ses formes… Il faut bien avouer qu’on adore ça…

Et puis, au bout de 7 jours, miracle (enfin non, en plus des 5 lignes de pêche on a un GPS vous savez), terre en vue!

Voici donc Sal, avec ses petits airs Lanzarotiens ( les immeubles en moins), son aridité, ses volcans, sa nudité lunaire.

Arriver en bateau vous procure un certain nombre de sentiments uniques :  la sensation progressive de réchauffement de l’atmosphère à mesure que vous approchez des tropiques, la lente découverte de la terre, d’abord une forme lointaine, puis au fur et à mesure que vous approchez chaque parcelle se découvre à vous avec ses couleurs changeant au gré de l’orientation du soleil. C’est un sentiment curieux que d’être profondément plongé dans l’observation de cette terre, nouvelle pour vous, qui va vous accueillir pour quelques jours. L’imaginaire se met en route, qu’y a t’il derrière ce rocher? Comment sont les habitations? Où vivent les gens? Comment vais-je me sentir dans ce pays?

 

 

 

Nous avons mouillé à Palmeira, entre épave, quai pour les petits cargos, deux catamarans de balade pour touristes, quelques bateaux de plaisance semblant dormir par ici depuis des années lumière à en juger par leur état et de nombreuses barques de pêche.

A terre, quelque baraques constituent une petite ville colorée : petits bars hurlant la musique locale, pêcheurs éparpillés sur les quais débitant requins ou autres poissons, 3 ou 4 occidentaux certainement venant des autres bateaux au mouillage. Le spectacle de la vie locale suffit en lui même  à vous tenir en haleine : un savoureux mélange de cris, excitation et aussi de nonchalance… Notre premier contact avec la population fut sympathique : les pêcheurs nous saluent ou viennent voir ce que pêche Xavier au harpon, les habitants vous renseignent gentiment quand bien même vous faites toutes vos phrases en utilisant les 3 mots que vous maîtrisez, pas de harcèlement, chacun vit sa vie.

Je vais vous faire un aveu : depuis que nous sommes arrivés, nous nous disons tous les jours combien nous sommes heureux ici. C’est un sentiment difficile à décrire autrement qu’à dire que nous nous sentons bien au Cap Vert, nous avons trouvé notre place dans cet environnement.

C’est tout.

A suivre, les photos prises au mouillage de Palmeira.

 

 

 

 

 

 

Ola Canaries!

January 18, 2012 in Aventures par pays, Espagne/Gibraltar, La laïfe à bord

 

Ola les gens,

Hola hop, nous voilà à Lanzarote.
Un bon vent nous a poussé jusqu’ici en moins de 48h comme prévu, mais en 39h.
Mais le mode choisi par les éléments fut le secouage intempestif, tambour de la machine à laver en mode essorage 2000 tours pendant 39h….
Et malgré cela, le mousse brandit fièrement sa nouvelle : elle n’a pas été malade. Rien, nada, makash walou.
Alors que même le capitaine avait l’estomac un peu en vrac… C’est le monde à l’envers!

Arrivés vers 4h du mat’, nous avons jeté l’ancre devant la marina, dormi un peu, pris douche et café et vers 10h nous étions amarrés à la marina Rubicon.
 

 

 

 
C’est à ce moment de la narration que je précise que j’ai 3 gagnants au jeu concours du leurre, Marie, Alain et Philippe (voir post précédent – la réponse était le leurre du haut).
Alors comment vous dire….
On n’a rien pêché, alors pas de cadeau. La reine en décide ainsi, ne vous leurrez pas (ah depuis le temps que je voulais la placer celle-là) c’est ça la vie en monarchie.
Mais dans sa grandeur d’âme la reine est prête à vous envoyer une boîte de sardines….
Elle n’est pas belle la vie sur Piratesdeslagons?
 
Revenons à nos moutons.
Alors que Gwendal (et Touline son chaton) nous a lâché les amarres à Agadir tout en nous prenant en photo, quelle ne fut pas notre surprise de retrouver Alizé (Cathy et Emile, rencontrés à Noël à Agadir), appareil photo à la main, sur le ponton d’arrivée à Lanzarote.
Ils avaient entendu mon appel radio à la marina et sont passé nous dire bonjour.
 
Revenons quelques minutes sur notre départ d’Agadir.
Vous avez envie de voir comme on est beau à l’oeuvre?
Allez zou, quelques photos de Gwendal (encore un grand merci!)
 

 

Namasté avant le départ

 

 

L’équipage, fin prêt…

 

 

La reine….

 

 

Namasté au quai de gasoil

 

 

Oui c’est le cap’ qui bosse, la reine ne veut pas se salir les mains

 

 

Le gasoil c’est pas cher au Maroc….

 

 

Je m’agite pour faire croire que je fais quelque chose d’utile

 

 

Un peu de réconfort… Non mais la vérité c’est la seule bouteille de vin qu’on ait consommé au Maroc et voilà….. on passe pour des ivrognes alors qu’on ne fait que supporter le commerce local…. Et en plus on l’avait oubliée lors de la venue des douaniers à bord….

 

Et le départ vers les Canaries, tout tristes de quitter la Boiteuse et son équipage…. Mais on se retrouve aux Marquises, alors nous gardons le sourire!

 

 

 

 

 

 

Passons maintenant à Lanzarote.

La marina est parfaite, calme, protégée, propre… Les marineros sont professionnels, RAS.

Nous avons retrouvé avec une immense joie Kembusquin, Tarik, Nadja, Chino et Naoussa. Que de rattrapage/papotage depuis notre séparation il y a 2 mois à Gibraltar….
Tarik nous a promené au supermarché et dans les ships. Du coup nous n’avons pas encore vraiment vu l’île qui est à première vue volcanique et dépourvue de végétation.
 
La suite?
A priori départ vendredi ou samedi pour le Cap Vert, 1000 miles, 8 jours de navigation.
Point d’atterrissage Sal pour faire notre entrée officielle dans le pays.
 
Et je crois bien que c’est tout pour aujourd’hui.
 
Hasta luego les gens.
 

En route vers les Canaries!

January 14, 2012 in Aventures par pays, Espagne/Gibraltar, La laïfe à bord, Maroc

 
Salam les gens,

Le Maroc c’est comme Capri, c’est fini…
Demain midi nous partons vers Lanzarote, aux Canaries, pour deux jours de navigation.
Notre point d’atterrissage est le sud de l’île, marina Rubicon (nous ne le franchirons pas)….
Mon humour est décapant.
 

 
Les Canaries seront un point de passage pour «couper» un peu la route vers le Cap Vert, faire un bon ravitaillement (à nous les jambons yeah!), et dire au revoir à des bateaux copains.

Si la météo se maintient, nous repartirons en fin de semaine pour le Cap Vert.

Je suis ravie de voir cette étape Cap Verdienne approcher à grands pas… Dépaysement, mouillages, températures tropicales, baignades, balades….. Tout ce qu’on aime. Et dernière étape avant la transat.

Cette navigation sera aussi l’occasion de tester le leurre maison du cap’.

Savez vous qu’il m’a demandé ce que j’en pensais?

Que voulez vous que je pense de guirlandes argentées, rouges et de plumes bleues attachée avec du fil?

Je ne suis pas (encore) transformée en poisson, je ne sais donc pas si je pourrais éventuellement avoir envie de manger ce leurre. Pour le moment une tartine de pâté me ferait plus envie.

Le leurre «Namasté» (on va l’appeler comme ça) sera mis en concurrence avec un super leurre qui fut lui acheté dans un vrai magasin….

Et les photos des prises seront publiées à la fin de ce concours palpitant qui devrait vous tenir en haleine quelques jours, le temps que je retrouve une connexion internet à Lanzarote.
 

 

 

Saurez vous deviner lequel des deux leurres est celui sorti des petites mains du capitaine?
Le gagnant recevra un morceau de thon qualité sashimi. La maison ne recule devant rien pour satisfaire ses lecteurs.

On se retrouve très vite à Lanzarote!

 

 

C’est reparti pour 2012!

January 6, 2012 in La laïfe à bord, Maroc

Sixième jour à bord de 2012 : sixième jour d’un soleil radieux. Ca commence parfaitement bien.

Alors what’s up?

Tout d’abord un grand merci pour vos emails de bonne année. J’ai reconnu la patte de chacun, son humour, sa sensibilité…. et pour beaucoup votre jolie façon d’écrire.

Famille, amis de 30 ans, de 20 ans, de 10 ans, anciens collègues, navigateurs rencontrés au fil de l’eau, je voeu vous dire combien vous m’êtes précieux et combien j’ai apprécié être replongée parmi vous grâce à ces petits mots….

Nous avons eu aussi un poème de La Fontaine pour le pêcheur du bord, il suffit de remplacer poisson par langouste et c’est correct pour notre virée aux Antilles 2012!

 

Le petit Poisson et le Pêcheur

Petit poisson deviendra grand,

Pourvu que Dieu lui prête vie.

Mais le lâcher en attendant,

Je tiens pour moi que c’est folie ;

Car de le rattraper il n’est pas trop certain.

Un Carpeau qui n’était encore que fretin

Fut pris par un Pêcheur au bord d’une rivière.

Tout fait nombre, dit l’homme en voyant son butin ;

Voilà commencement de chère et de festin :

Mettons-le en notre gibecière.

Le pauvre Carpillon lui dit en sa manière :

Que ferez-vous de moi ? je ne saurais fournir

Au plus qu’une demi-bouchée ;

Laissez-moi Carpe devenir :

Je serai par vous repêchée.

Quelque gros Partisan m’achètera bien cher,

Au lieu qu’il vous en faut chercher

Peut-être encore cent de ma taille

Pour faire un plat. Quel plat ? croyez-moi ; rien qui vaille.

- Rien qui vaille ? Eh bien soit, repartit le Pêcheur ;

Poisson, mon bel ami, qui faites le Prêcheur,

Vous irez dans la poêle ; et vous avez beau dire,

Dès ce soir on vous fera frire.

Un tien vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l’auras :

L’un est sûr, l’autre ne l’est pas.

 

Nous sommes toujours à Agadir car nous attendons une puce pour notre téléphone satellite. Elle ne saurait tarder un jour peut-être Inch’Allah.

 

Une fois passée l’euphorie de la réalisation de leurres maison avec les guirlandes de Noël, nous sommes revenus à des occupations moins créatives comme faire fonctionner notre radio BLU et en obtenir des bulletins météo. Alors ce qui est un peu couillon c’est que pour faire des tests, être dans une marina n’est pas la meilleure des configurations à causes des interférences.

Du coup nous venons de récupérer un bouquin sur le sujet et allons potasser en vue d’essais lors de navigations prochaines.

 

Je vous prépare un lifting complet du site.

Après passage au bistouri, il sera aussi beau que sa reine.

Ce sera démocratique (un peu) car vous pourrez laisser des commentaires.

Mais comme je reste la reine de cette démocratie (et oui), je modérerai, autrement dit seuls les commentaires me flattant seront retenus.

Vous pourrez aussi moquer flatter les talents de pêcheur du capitaine.

 

En parallèle je potasse un logiciel de développement de fichiers photo raw (oui, oui les copains photographes, je me mets au raw en 2012 alors que ça fait au moins 12 ans que vous y êtes), ce sera pour vous faire croire que j’ai beaucoup progressé en photo en truquant «travaillant» les clichés. Je ne sais pas ce que ça vaudra mais je sens que ça va m’amuser et m’occuper pendant la transat.

 

Tiens en parlant de transat, je lis en ce moment les blogs de ceux qui sont rendus de l’autre côté. Une fois passés les «trop méga giga cool la transat lol», on peut trouver des remarques intéressantes sur l’état d’esprit dans lequel les gens sont partis, comment ils ont généralement eu besoin de 2 à 3 jours pour prendre leur rythme, quelles ont été leurs occupations en dehors de celles liées à la navigation bien sur…. Ce qui me frappe le plus est que dans 100% de ce que j’ai lu, les personnes étaient tristes au moment où elles ont vu la terre à l’arrivée car cela signifiait la fin de la transat, la fin de ce projet dont ils avaient rêvé depuis des mois voire des années.

C’est drôle car j’imagine exactement le contraire pour moi : une satisfaction frénétique de fouler le sol de l’autre côté, une explosion de joie comme si j’avais fumé le reste de coquillettes…. avant de foncer déguster ti’punch et langouste….

Au final, même si j’ai une certaine appréhension de cet inconnu, j’ai aussi également hâte d’y être. C’est comme disait l’anglais de Roméo et Juliette, « Tout est prêt autour de soi quand l’esprit est prêt ».

Le tout c’est bien que mon esprit soit prêt au Cap Vert….

 

A part ça nous sommes motorisés depuis hier midi, une logan (je la joue corporate).

C’est en allant à vélo au marché central pour acheter nos provisions que nous nous sommes arrêtés faire des photocopies (notre laïfe est passionnante). Et comme il y avait un loueur de voiture la porte à côté, bah nous avons stoppé notre virée courses pour louer une voiture (nous aimons planifier nos journées).

Ainsi après un ravitaillement hier, où notre sens de l’organisation a encore fait mouche puisque nous ne savions plus ce que nous avions à bord et donc ce dont nous avions besoin, pratique pour un avitaillement digne de ce nom. Mais bon, on a 15 kgs de pâtes, 6 pots de moutarde, 5kgs de farine, 5 l d’huile, 3 tomates et puis je ne sais plus quoi. Ah si, un joli gilet pour le capitaine.

 

On va aller se balader aujourd’hui dans un endroit super que j’ai nommé «je ne sais pas trop où».

Par contre nous avons une contrainte de taille : le cap’ veut retourner où nous avons déjeuné hier.

Nous étions un peu perdus dans un bled quand Xavier s’est mis à suivre l’odeur de grillades. Nous avons atterri dans un lieu qui a première vue ressemblait à une boucherie. Quartiers d’agneau et de boeuf trônaient en devanture, enfin presque sur le trottoir puisque manifestement il n’y avait plus de place dans le frigo ou plus de frigo du tout, je ne sais pas. LE BBQ était aussi sur le trottoir. Xavier a commandé 500 g de kefta et 200 g d’agneau. Je lui ai demandé si ce serait suffisant. Droit dans ses bottes il m’a rétorqué qu’il avait repéré des brochettes, au cas où on aurait encore un petit creux après avoir englouti 700 g de bidoche.

 

Le lieu a ravi le capitaine :  tables en formica, néons blafards, télé à fond les ballons, quelques travailleurs marocains en train de déjeuner… Je me suis plongée dans l’émission du National geographic d’Abou d’Abi sur le Liban. Je n’ai rien compris mais j’ai pu revoir quelques lieux magiques comme Tyr.

 

C’était parfait, tout ce qu’on aime : on s’est perdu et retrouvé enfin dans un environnement normal et non dévolu au tourisme de masse.

J’avais fini par croire que ça n’existait plus…

 

Allez je file, j’ai une promenade à faire aujourd’hui!
 

 

5, 4, 3, 2, 1………. Happy new year!

December 31, 2011 in Aventures par pays, Espagne/Gibraltar, Grèce, La laïfe à bord, Liban, Maroc

 

Il est parfois bon d’avoir un grain de folie – Sénèque

De la tranquillité de l’âme, 17

 

Rangeons ce jour le petit grain de folie qui sévit sur ce blog pour attaquer l’heure du bilan.

Des souvenirs de 2011.

Des voeux pour 2012.

2011 fut un bon cru.

 

Il y eut le Liban qui restera notre deuxième pays de coeur.

Moyen-Orient qui nous a ému, enchanté, envoûté, interpellé…. et profondément charmé.

Fous rires en cascades, rencontres imprévues, improbables….

J’aurais certainement du vous en raconter plus….

Une grande pensée pour Beshir et sa famille, Choukri et nos copains de l’ATCL…
 

 

 

 

 Epoustouflante Baalbeck…..

 

 

Puis la mer Egée qui restera pour nous en Méditerranée le bassin de navigation le plus somptueux qui soit.

Eaux limpides, criques désertes et poissons à gogo…. Quel paradis!

Une grande pensée pour Giorgio et Antonella qui nous ont fait découvrir des lieux extraordinaires.

 

 

 

 

 Nysiros – Avlaki

 

 

Il y a eu ceux qu’on a «ratés» en Italie : Freja, Blues 1, Lung.

 

Puis il y a eu nos vacanciers de l’été aux Baléares, Marie, Jean et Thomas pour partager de précieux moments .
 

 

 

 

 Jean à la pêche

 

 

Puis ce fût les navigations sur la côte espagnole et Gibraltar avec nos amis belges de Kembusquin  et de Theopigi avec lesquels nous avons également passé de belles soirées.

 

 

 The famous rock

 

 

Et nous voici au Maroc pour cette fin d’année, avec Gwendal….
 

 

 

 

 Dieu, la patrie, le roi : la devise du Maroc

 

 

Mes pensées vont aussi ce soir vers Enigma, Free spirit, Obélix, Axurit, Romanée, Yapuka, Alizé et ceux que j’oublie ….. qui sont entre Canaries, Dakar, Cap Vert et Trinidad.

 

Alors Sénèque…..

Bah oui, il est bon d’avoir un petit grain de folie, il était pas idiot ce gars….

Mon petit grain a trouvé son espace ici même et compte bien y rester en 2012!

 

 

 

 

 

Après la transat, il se baladera aussi avec moi un peu partout dans les Caraïbes en 2012.

Xavier sera là aussi pour nous alimenter en histoires de pêche.

 

C’est l’heure de conclure 2011 sur une phrase de Stewart Brand, reprise par Steve Jobs dans son discours de remise des diplômes à l’université de Stanford en 2005 : «Stay hungry. Stay foolish.».

De notre côté, nous comptons bien le rester.

 

Soyez insatiables. Soyez fous. Ce sont nos voeux pour vous tous. Très bonne année 2012.

 

 

 

 

Sardines, guirlandes, Johnny, sashimi et autres….

December 29, 2011 in La laïfe à bord

On va transformer Namasté.

De son statut de voilier de plaisance, il va désormais accéder au statut suprême de chalut (oups, de «navire» me dit le capitaine qui regarde par dessus mon épaule).

Vous ne comprenez rien à ce que je raconte, c’est normal, j’ai commencé mon article par la conclusion.

C’est un genre, un parti pris stylistique.

C’est comme dans Columbo où vous connaissiez le coupable dès les premières minutes du feuilleton. Ca ne vous empêchait pas de regarder jusqu’à la fin?

 

 

 Feu Namasté, avant sa transformation en chalut.

 

 

Attention, le texte qui va suivre peut heurter la sensibilité de nos lecteurs qui nous connaissaient alors que nous étions deux bobo parisiens.

 

 

  

                        Ci dessus c’est nous avant. Enfin il y a presque 10 ans quand même……

Xavier était aussi blanc que moi, j’étais aussi grande que lui, trichant quotidiennement sur 10 cm de talons, et la vie était déjà assez fun….

(Un grand coucou à mon amie de 30 ans qui a pris la photo du milieu)

 

 

Voilà, vous êtes prévenus.

 

Vous savez que Xavier pêche.

Ni par action ni par omission.

Il pêche du poisson (gros, c’est encore lui qui me le souffle par dessus mon épaule).

En 2 ans de navigation, il a vaillamment remonté 3 thons de 5 à 10 kgs (à la ligne).

Un peu plus d’un par an, pas plus. On vote écolo, alors ne veut pas contrarier Eva et Dany en vidant les mers de leurs poissons (la vérité on a surtout peur de Greenpeace, je les ai vu en action à Pantelleria et j’ai vraiment flippé – c’est vrai).

On est des gens cohérents.

Ils sont en photo dans le cockpit (les thons), enfin sur l’ordi, faut pas pousser quand même. Un peu de plus on gardait les queues pour les pendre à côté : les trophées du capitaine.

 

Et puis il y a eu la révélation : la découverte de la pêche au harpon.

Il y a eu le rite initiatique : le baptême de la combinaison de plongée camouflage dans les eaux grecques avec le parrain Giorgio.

Et puis j’ai acheté de l’huile. Des hectolitres. Pour la friture. La friture des schroumfs qu’il ramenait à bord (je me lâche car il ne regarde plus par dessus mon épaule, pour la 38ème fois de la journée il est parti compter ses hameçons).

Et un jour on a eu droit à des vrais poissons qui pesaient plus de 100g.

On était aussi heureux que des esquimaux qui auraient découvert des Häagen Dazs.

 

 

 

  

  

  

  

  

  

  

 

Si vous trouvez le poisson caché sur la photo de droite vous gagnez une glace..

 

Et sans que je m’en aperçoive vraiment, Xavier s’est transformé.

La chenille est devenue un dauphin.

Ou alors le poisson rouge est devenu un papillon.

Vous choisissez.

 

Vous savez combien il a référencé de sites de pêche dans ses bookmarks?

Vous savez combien de forums de pêche il fréquente?

Vous savez dans combien de magasins de pêche il m’a traînée?

Bon j’ai pas le compte exact mais le total fait plus de 643.
 

 

 

 

Il me parle pêche au petit déjeuner, parfois même avant mon café, ce qui est normalement formellement interdit.

Il me parle pêche le midi, à 15h, à 17h, à 20h, tout le temps, tous les jours.

La reine des lieux va se transformer en poisson rouge.

Elle est toujours ravie d’avoir des invités à bord qui peuvent partager sa misère  : eux ont en plus droit au déballage de l’attirail de pêche, un peu comme ma copine N. qui me déballe ses barbies (mais elle a 7 ans). Si les invités s’émeuvent devant la (grande) taille des hameçons, Xavier s’indigne : il n’est pas là pour pêcher des petits poissons de moins de 10 kgs. Il les laisse aux amateurs. J’ai des témoins sur le ponton (euh tu témoigneras Gwendal? Touline?).

Et si pour mon malheur les invités sont des pêcheurs émérites, zyva pour les conseils et rebelote traînage de savates dans les magasins de pêche.

Je vais me transformer en sardine.

 

 

 

 

C’est pas compliqué, il y a 3 jours, Xavier a rencontré son alter ego. Ils ont déballé tout leur matos, il y en avait partout. Xavier avait les yeux qui brillaient devant les rappalats du copain et les kms de bobines de fil…  et moi j’étais juste effarée tout en jouant avec Touline, le chaton deGwendal, sur le ponton. Voyez la scène….

 

Il faut savoir quand même qu’il existe des leurres qui «sifflent», des poulpes, des sardines et ce de toutes les couleurs (et même avec des plumes….)

Parce que franchement imaginez la scène : le poisson, que repère-t-il en premier? Le bateau de 12 m ou le leurre de 5 cm vert?  votre avis? Non vraiment après avoir vu la coque, il va se soucier de savoir si le leurre est vert, rouge ou jaune? «Tiens aujourd’hui je me ferai bien un petit poulpe rouge, oh ben zut il n’y a que des bleus, je me casse»….

 

Mais il y a des jours où on atteint des sommets.

Comme avant-hier.

J’étais plongée dans un article de fond sur le retour de Johnny sur scène (sujet plus approprié pour les dîners mondains que les rappalats).

Je sais que c’est de saison mais s’il vous plaît, avant de vous gausser comme des dindes essayez de répondre aux questions suivantes :

1- Finalement quelle est la nationalité acquise par Johnny pour réduire sa facture d’impôts en France?

2 – Pourquoi remonte-t-il sur scène?

  1. -Ses fans lui manquent
  2. -Il n’a plus de sous

3 – Quel est le montage financier qui lui permet d’échapper aux impôts?

 

Les deux premières c’est fastoche. Mais franchement la pour la 3ème si vous n’avez pas bac+18 en finance vous n’y comprendrez rien.

 

Bon l’article ne traitait pas du sujet mais il aurait pu.

Bref, ce n’est pas le sujet.

 

J’étais hautement concentrée car déchiffrer les paroles de Johnny ou de sa femme dans leur français deuxième langue relève du défi, mais que ne suis-je pas prête à endurer pour briller dans les dîners en ville.

C’est là que Xavier s’est mis à gigoter.

Sentant qu’il allait remettre la pêche sur le tapis, j’ai pris ma tête entre mes mains pour lui signifier ma haute concentration.

Sachez que ce geste n’arrêtera point un pêcheur si il a décidé de vous parler hameçons.

A ce sujet, saviez vous que l’espadon se pêche au trident? Vous lui présentez un «mono dent» il tourne les talons et s’en va, par contre le trident c’est son truc, il mord. Je me fais peur avec tout ce que je connais sur ce sujet….

 

Xavier «J’ai trouvé un super ebook sur la pêche!»

Moi : «Super, t’as qu’à la lire.»

Xavier : «C’est fait par les autorités françaises à destination des pêcheurs polynésiens, pour développer leur petite entreprise.»

Moi : «C’est génial, lis-le!»

Xavier : «Bon c’est un peu genre Tintin au Congo où comment apprendre à pêcher au gentil sauvage.»

Moi : «Extra, lis le tu vas tout comprendre.»

Xavier, même pas vexé : «Tu sais qu’on peut faire un moulinet avec 4 planches de bois?»

Moi : «Bien sur j’ai appris ça en cours de danse classique…. bah t’as qu’à lire, tu me raconteras»

Xavier : «Et on va économiser plein de sous car on peut tout fabriquer soi même au lieu de dépenser des fortunes en rappalat et autre…»

Moi : «Trop méga cool, tu devrais lire maintenant.»

Xavier : «Il y a même la méthode pour faire du thon qualité sashimi.»

Moi : «Super, on n’a plus qu’à trouver un accord avec chronopost pour envoyer le thon au Japon.»

Bref, à la fin de la conversation, on avait économisé virtuellement 10 euros sur le matos de pêche et dépensé 600 pour s’équiper d’un congélateur.

Car en plus de faire du thon de qualité sashimi on respecte la chaîne du froid, nous.

 

Je n’ai jamais fini mon article.

Xavier a encore parlé une heure.

Toute tentative de changement de sujet fut vaillamment rejetée par le pêcheur.

Toute tentative de fuite me fut impossible, Xavier étant tanké devant l’entrée du bateau.

 

Cependant, il eut sa petite vengeance. Au milieu du montage de son business plan “transformation de Namasté en chalut”, il m’a montré des photos de pêche sportive.

OK, c’est autre chose que celle de Xavier qui pose à côté de son poisson. C’est même beau. Etrange qu’il n’y ait pas ou peu d’expos sur ce thème.

La reine des lieux a bien compris qu’il faudrait progresser artistiquement pour bien mettre en valeur les futures prises du capitaine avant qu’elle ne soient timbrées pour partir au Japon….

 

Demain le capitaine ira acheter le matos qui permet d’économiser sur un autre matos que t’achèteras pas grâce au premier matos que t’as acheté.

C’est pas clair? Normal, ma mutation en sardine a commencé. Je vais plonger dans l’hectolitre d’huile de friture qu’il me reste.

 

La prochaine fois je vous raconterai l’histoire passionnante de comment on fait des leurres avec des guirlandes de Noël ainsi que du débouché trouvé pour les peaux. En gros ce sera la suite du business plan.

Aura-t-on besoin de business angels? Bah faut voir.

Récapitulons : il nous faut des guirlandes, des planches de bois, des enveloppes timbrées pour envoyer le thon qualité sashimi au Japon.

Bon ben non, ça devrait aller. On ira sur le chantier pour le bois, on récupérera les guirlandes dans le restau français de la marina après Noël et on ira à la poste pour les enveloppes. C’est bon.

 

La vérité j’en ai vu des comportements particuliers dans ma vie, seulement je ne savais pas que Xavier et moi y succomberions à notre tour…. A croire qu’on avait de sérieuses prédispositions!

 

Et vous savez le pire de tout?

Ben le pire de tout c’est que ça nous amuse….

 

 

 

Franchement, une décennie et demie d’études supérieures à eux deux pour finir comme ça (pardon à la famille)?

Mais que va-t-on en faire? Des champions de air guitar?

(et un dernier coucou à Nathalie, ma collègue de pole dancing de la soirée, qui a pris cette photo – on remet ça en Martinique?)

 

 

Voilà, c’est fini.

 

 

Vous êtes où à Noël?

December 23, 2011 in La laïfe à bord, Maroc

 

C’est THE question du moment (enfin celle que tout le monde nous pose).

 

Il y a ceux qui ne veulent pas être en mer. Ils souhaitent fêter Noël à terre, dans un endroit précis de la planète. Alors ils ont traversé tôt dans la saison pour être au Brésil ou aux Antilles et voir à quoi ressemble un cocotier avec des guirlandes.

 

Il y a ceux qui n’ont pas encore traversé mais qui veulent absolument être à Dakar. Why not?

 

Il y a ceux qui sont par ici, au Maroc comme nous ou aux Canaries.

 

Il y a ceux que Noël fait déprimer.

 

Il y a ceux qui ne le conçoivent pas autrement qu’en famille.

 

Pour la Namasté team, tout cela l’indiffère au plus haut point.

Elle ne déprime pas, d’ailleurs je crois que cette team est insensible à toute notion de dépression, c’est quoi ce truc?

Elle se fiche de savoir où elle sera, à Pétaouchnok, à Paimpol ou à Tataouine…. mais pour votre gouverne sachez qu’elle sera à Agadir et ne fera rien de spécial.

 

Ah si, elle ouvrira un pot de foie gras ramené cet été par des amis. C’est l’occasion d’en manger avant de se retrouver sous les tropiques.

 

Alors qui que vous soyez, où que vous soyez, la team vous souhaite un joyeux Noël.
 

 

Allez voir chez Gwendal si j’y suis…

December 13, 2011 in La laïfe à bord

 

«I never travel without my diary. One should always have something sensational to read in the train.»  

Oscar Wilde

 

Une fois n’est pas coutume, je vais innover en parlant d’autre chose que de moi.

Ou que du pêcheur du bord.

Ou que de notre fantastique laïfe.

 

Lundi dernier je mentionnais ici le passage de notre voisin Gwendal à l’émission Allo La Planète.

Saviez vous qu’il avait aussi un blog?

Et un chaton?

Bon désormais vous êtes au courant.

Peut-être devrais-je aussi vous donner son nom….

La Boiteuse… (c’est le blog et le nom de son bateau)

 

 

 

 

 

Touline….

 

 

 

 

 

 

Et Gwendal….

 

 

 

 

La Boiteuse, en écho à La Boudeuse… Et La Boudeuse résonne particulièrement pour la Namasté team puisque nous avions rencontré, il y a presque 10 ans, en Inde, Sandrine qui fut équipière à bord, dans le cadre de l’expédition «Sur les traces de Bougainville»… Encore une sacrée personnalité…

Sandrine, si tu nous regardes…..

 

Mais revenons à nos moutons :  Gwendal, La Boiteuse….

Sitôt le blog découvert, sitôt atterri dans mes favoris.

Je vais régulièrement y picorer des articles, à l’aveuglette, et retisse doucement l’histoire de Gwendal, du moins celle qu’il a souhaité partager avec ses lecteurs.

Ce qui ne m’empêche pas de papoter aussi en live avec lui, mais comme son bateau est amarré à 25 m de Namasté, ça me fait de la route.

 

Pourquoi j’aime son blog?

C’est très simple.

Ce n’est pas un blog qui observe et recrache bêtement les choses.

Le tenancier essaie de comprendre ce qui se passe autour de lui.

Il réussit la prouesse, après passage de ses observations par la moulinette de sa cervelle manifestement bien faite, de les retranscrire avec humour ET avec une analyse parfois politique héritée de son passé de blogueur politique (vous pourrez trouver sur le site de La Boiteuse le lien vers son ancien blog).

 

Et puis vous lirez dans son dernier post le truc sur Atlanticcalling et, je le cite, «ces deux anglais taillés comme des rugbymen sous stéroïdes anabolisants»… J’aurais aimé la trouver, celle-là…. J’en rigole à chaque fois que je croise les deux anglais sur le ponton…

 

En plus vous pourrez voir ce qu’est un blog démocratique, celui où vous pouvez laisser des commentaires auxquels en plus Gwendal répond.

(Aparté : Et si vous laissez des commentaires, vous essayez de pas me coller la honte. Je sais que j’ai les lecteurs que je mérite mais si possible ayez l’air intelligent, s’il vous plaît. Merci.)

Ca vous changera de cette monarchie qu’est PiratesdesLagons.com, même pas républicaine, encore moins éclairée car la reine ne se souvient pas d’avoir jamais appartenu aux (L)umières, ni au 18ème (elle n’était pas née), ni au 21ème (elle était tout juste née).

Elle ne descend pas non plus d’Edison.

Tiens, j’aime parler de moi à la 3ème personne, elle va peut-être continuer.

 

Car en plus d’être une reine, elle est une star du ouaibe.

Gwendal parle de moi dans son dernier article (ouais et aussi de Xavier, c’est accessoire).

Il a aussi réussi a faire une jolie photo de moi nous malgré le fait qu’il nous ait shooté au saut du lit, vers 11h.

 

Un dernier point : je saurai si vous y êtes allés.

On a des mouchards sur nos sites (chez moi c’est une monarchie alors je ne prendrai même pas la peine de me justifier, sachez qu’en démocratie ça existe aussi et s’appelle «statistiques de fréquentation du site»).

Et alors je saurai qui y est allé, quand et même d’où.

I am Big Brother sister (oui elle est naze celle-là).

Et après je demanderai à Gwendal ce que vous y avez lu (je vous y envoie pour vous cultiver, c’est pour votre bien, après vous saurez comment laisser des commentaires intelligents).

Et pour finir, on s’achètera des casques à pointe (je mettrai le mien par dessus ma couronne).

Et les mauvais élèves seront punis.

Voilà, vous êtes prévenus.

C’est tout.

 

Et j’allais oublier : le premier qui pointe ma blancheur à côté du teint hâlé du capitaine aura un traitement spécial. Et par spécial, comprenez pas gentil (je vous jetterai aux lions)…

Il y a des limites à ce qu’une reine peut tolérer.

 

 

Les capitaines, en pleine réflexion.

 
Et encore Touline, la mascotte du ponton

 

 

 

 

Pigeonsdeslagons.com

December 7, 2011 in Aventures par pays, La laïfe à bord, Maroc

 

La semaine dernière, nous avons loué une voiture.

La semaine dernière, avec moult tergiversations, nous avons choisi d’aller visiter Essaouira et Taroudant (en voiture).

Ce que nous ne savions pas, c’est que nous prenions un aller simple pour le rassemblement annuel de tir aux pigeons. Et que nous n’étions pas dans l’équipe des chasseurs…

 

Jeudi matin, toute à mon excitation à l’idée d’aller traîner les roues le long de la côte nord d’Agadir, vers Essaouira, je réalise l’exploit de me lever à 7h (c’est dire ma motivation).

Dès 8 heures, nous étions dans la Picanto, les cheveux toujours pas au vent puisqu’elle a un toit.

Mais qu’à cela ne tienne….

Une succession de paysages à couper le souffle nous attendait : la côte est extraordinaire, une succession de falaises, plages, dunes dans une lumière blanchâtre (promis j’arrête avec le mot succession)….

 

 


 

 

Une autre succession à couper le souffle s’en est suivie : celle des contrôles des policiers corrompus de la route (ce coup-ci  j’arrête vraiment avec le mot succession).

Et là, le cap’ et son mousse préféré ont vécu une première.

 

Comprenez moi bien, pour ceux qui ne nous connaissent pas, nous avons des milliers de kms dans les pattes  dans des pays comme le Vénézuela, le Mexique, le Brésil, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, la Tunisie, le Liban….. Tous ces kms ont été effectués par la route, Xavier au volant, sans guide, notre sac à dos dans le coffre. Si je le précise, c’est pas pour me la péter (enfin si un peu quand même, vous me connaissez…) mais pour bien mettre en perspective ce que je vais vous raconter …

 

Quand on débarque au Maroc, on peut dire qu’on n’est plus en France (Lapalisse sors de ce corps). Une certaine désorganisation ambiante règne, je vous dépeints pas le truc, vous avez compris, enfin si je ne surestime pas trop mon lectorat.

Alors imaginez notre stupeur lorsque nous avons découvert le seul secteur marocain digne d’une organisation à l’allemande : l’extorsion de dirhams aux touristes motorisés.

 

Premier contrôle :

Nous arrivons à proximité d’un Y, un stop est planté en plein milieu du terre plein, pile entre les deux routes.

Xavier me demande : c’est pour nous le stop?

Moi : euh…. (suis blonde). Bah chais pas, fais comme les voitures devant toi.

Dans le doute, le capitaine de la Picanto a ralenti et, comme les voitures devant nous, est passé sans marquer un arrêt complet.

50m plus loin, un flic est affairé avec un véhicule et deux européens à bord.

Il jette un oeil distrait aux voitures devant nous (celles qui sont passés en ralentissant et sans s’arrêter) avant de nous repérer.

Il lâche l’autre véhicule pour s’avancer vers nous. Xavier ralentit, on n’a pas tout de suite pensé à l’écraser.

Il repère, sur notre parebrise, le sticker mentionnant l’agence qui nous a loué la Picanto. Un petit sourire vient éclairer son visage. Il avance encore et étire son cou pour regarder vers Xavier. Dans le doute (Xavier a les cheveux noirs, est très mat et a une barbe de 2 semaines), il scrute de mon côté.  Son sourire s’élargit jusqu’à ses oreilles : pas de doute, il me trouve jolie.

Ou blonde.

Ou européenne.

Il me nous siffle. Nous nous garons devant l’autre véhicule arrêté avec ses deux touristes.

 

Le temps de terminer ses affaires avec l’autre véhicule, Xav et moi sentons immédiatement l’arnaque, surtout que le flic n’arrive plus à décrocher son large sourire de son visage.

 

Le flic s’avance vers nous. Il est hilare. Je vous jure, il n’arrive pas à trouver les 3 mots de français qu’il maîtrise pour nous expliquer dans quel merdier on vient de se fourrer.

Voyant qu’on ne comprend rien à ce qu’il dit, il interpelle le précédent véhicule qui s’apprêtait à partir.

Il cause quelques minutes avec eux, toujours hilare. Les deux touristes sortent du véhicule et s’avancent vers nous. Mais c’est quoi cette arnaque?

Les 2 touristes engagent la conversation avec nous. Nous répondons très froidement. C’est quoi cette p….. d’arnaque?

Un des français engage la conversation en arabe avec le flic.

Puis il se retourne vers nous : «bon voilà, griller un stop c’est 700 dirhams (70 euros), alors donnez lui discrètement 100 dirhams pour qu’il aille jouer ailleurs et c’est bon, c’est ce qu’on vient de faire.»

 

Alors là, on est estomaqué tellement c’est énorme :

  • quel stop? Rien n’indique que le stop est pour nous …
  • pourquoi les autres voitures n’ont-elles pas été arrêtées aussi?
  • pourquoi est ce que tu participes au manège de ce flic corrompu en lui facilitant la tâche en nous traduisant sa demande?
  • Et ton copain, pourquoi rigole-t-il aussi fort que le flic? Il trouve ça super, c’est le folklore local, l’aventure au coin de la rue, le truc qu’il pourra raconter aux collègues lundi autour de la machine à café? Comment c’est l’aventure le Maroc, il a vécu une vraie expérience, il s’est fait racketté (à côté un trek en Afghanistan c’est pour les débutants), super trop méga cool non? Peut être même que ça impressionnera la stagiaire qu’il drague depuis deux mois, qui sait… Non la vérité, explique voir pourquoi tu ris?

 

Le flic n’en peut plus de rire. A ce stade, je le comprends.

Xavier argumente un peu.

Puis en désespoir de cause, il tend ostensiblement 100 dirhams au flic.

Le flic : «c’est pour moi monsieur?»

Non, c’est pour les orphelins de la police….

Xavier : «Oui, on m’a dit que je devais vous les donner».

Le flic, un peu mal à l’aise, arrête de rigoler mais empoche le billet.

 

Deuxième contrôle : Essaouira

Après s’être fait racketter par un gardien de parking qui avait décidé d’appliquer les tarifs parisiens pour garder les voitures des touristes, s’être fait insulté par un gars car on a refusé poliment qu’il nous guide dans la ville, on s’est fait en plus refaire le même coup du stop caché derrière un arbre et du flic caché derrière le stop caché derrière l’arbre.

 

Bis repetitat placent.

Le flic nous dit que c’est 700 dirhams avec un reçu.

Fini, on veut pas cautionner le bakshish. On ne lui demande pas ses tarifs sans reçu.

Au bout de 30 mn, temps nécessaire pour un flic pour remplir les 3 lignes du PV, on le paie.

Avant de partir, après avoir bouclé nos ceintures, il nous interpelle : «non, non, les ceintures c’est pas la peine de les mettre, c’est pas dangereux. Par contre les stops c’est dangereux.»

Dangereux pour qui? Pour les portefeuilles des touristes?

Et si la ceinture c’est pas dangereux, alors pourquoi vous les constructeurs auto passez autant de temps à travailler sur la sécurité des occupants des véhicules, hein? Arrêtez tout ça vous ferez des économies, c’est pas la peine, c’est le flic marocain corrompu qui l’a dit : la ceinture c’est pas dangereux! (on sent bien mon immense déception de cette journée à Essaouira là?)

 

 

 

 

Alors voilà, 15 ans sur les routes de nombreux pays, rien à redire.

Deux jours à Essaouira, c’est le souk.

Alors quoi?

On y a réfléchi.

Et à la réflexion, on n’est pas trop familier des coins touristiques, quel que soit le pays visité.

Essaouira, c’était peut-être pas pour nous, ou alors on est très mal tombé (vieille lune, mauvais karma), qui sait (ou on est antipathique, oh non, pas possible…)…

La prochaine fois on revient à nos premiers amours, la balade hors des sentiers battus, sans but précis, on prend un petit chemin et on le suit. Enfin, on vérifiera simplement qu’il ne mène pas à Essaouira.